France

Comment vérifier un déménageur avant de signer

Registre des transporteurs, SIREN, BODACC, avis : quatre vérifications gratuites, en cinq minutes, avant de confier ses meubles à un déménageur.

Déménageur à Plounévez-Quintin (22) Licence de transport n° 2026 53 0000118 · aucune procédure collective · Côtes-d'Armor · Finistère · Morbihan · Ille-et-Vilaine — et toute la France

En bref

Quatre vérifications gratuites suffisent à écarter l'essentiel du risque : l'inscription au registre des transporteurs de marchandises, le numéro d'entreprise publié sur le site, l'état de l'entreprise à l'annuaire officiel, et l'absence de procédure en cours au BODACC. Elles prennent cinq minutes. Sur 320 sites de déménageurs lus en septembre 2026, 78 ne publiaient aucun numéro d'entreprise, ce qui rend toute vérification impossible.

  • 24 %Sites de déménageurs sans numéro d'entrepriseSource : 78 sites sur 320 lus — étude Moverz, septembre 2026
  • 27 %Vitrines Google non inscrites au registre des transporteursSource : 87 entreprises sur 321 mesurées — étude Moverz, septembre 2026
  • 69 %Entreprises déclarées déménageurs, hors registreSource : 2 681 sur 3 912 : Sirene au 31 juillet 2026 et registre des transporteurs au 30 août 2026
  • 18Procédures collectives en cours dans les 12 premiers résultats GoogleSource : 17 liquidations, 1 redressement : BODACC, septembre 2026

Choisir un déménageur, c'est confier à un inconnu la totalité de ce qu'on possède, pour une journée, sans le voir travailler avant. La plupart des particuliers s'en remettent à la note Google et au devis le moins cher. Ce sont les deux critères les moins prédictifs.

Quatre vérifications gratuites, qui tiennent en cinq minutes, écartent l'essentiel du risque. Aucune ne demande de compétence particulière, aucune n'est payante, et toutes partent du même point de départ : le numéro d'entreprise.

Ce que révèle un examen systématique des déménageurs visibles sur Google

En septembre 2026, une étude a photographié les douze premiers résultats de Google Maps pour la requête « déménageur » dans trente villes françaises, soit 360 vitrines, puis a remonté chacune jusqu'à l'entreprise qui se trouve derrière : numéro d'entreprise, inscription au registre des transporteurs, procédures au tribunal de commerce, mentions légales du site, et avis Google sur douze mois.

Au terme de cette chaîne, 118 vitrines sur 360 — une sur trois — pouvaient être recommandées sans réserve bloquante. Le détail des marches successives :

Ce qui écarte une vitrineVitrines retirées
Aucune entreprise identifiable derrière la fiche31
Pas inscrite au registre des transporteurs97
Liquidation en cours, identité contestée, aucun avis, doublon11
Note en dessous du seuil de recommandation (85 sur 100)103
Restent recommandables118 sur 360

Chaque vitrine est comptée à la première étape qui l'écarte. Ces chiffres portent sur ce que Google met en avant, pas sur le marché entier. Ils ne disent pas qu'un déménageur sur trois seulement est sérieux en France : ils disent que la liste que Google propose à un particulier ne trie pas sur les critères qui comptent.

Vérification n°1 — l'inscription au registre des transporteurs

C'est la vérification la plus importante, et la moins connue.

Transporter des marchandises pour le compte d'autrui est une activité réglementée. Elle suppose une inscription au registre des entreprises de transport routier de marchandises, tenu par le ministère chargé des transports, qui exige trois conditions : capacité professionnelle, capacité financière, et honorabilité du dirigeant. Ce registre est public et gratuit ; on y cherche une entreprise par son numéro SIREN.

L'écart entre ce qu'on imagine et ce qu'on mesure est considérable. Sur les 3 912 entreprises françaises déclarant le code d'activité du déménagement au 31 juillet 2026, 2 681 n'étaient pas inscrites au registre des transporteurs, soit 69 sur 100. Parmi les seules vitrines visibles dans les douze premiers résultats Google, la proportion tombe à 27 % — être visible et être inscrit vont un peu ensemble, mais pas assez pour qu'on se dispense de vérifier.

Un second registre, celui des commissionnaires de transport, existe lui aussi. Il change peu de chose : sur les 296 entreprises du panel, 81 étaient absentes du registre des transporteurs et 79 le restaient une fois le second registre consulté.

Une entreprise hors registre n'est pas nécessairement de mauvaise foi, et le dire serait faux : beaucoup ne font que de la main-d'œuvre, du montage de meubles ou du débarras, sans jamais conduire le camion. Ce qui change pour vous tient en trois points concrets :

  • L'assurance des marchandises transportées ne suit souvent pas. En cas de casse ou de perte pendant le transport, la garantie que vous croyez avoir peut ne pas exister.
  • Le contrat n'est pas encadré par le droit du transport. Vos recours sont plus faibles et plus longs à faire valoir.
  • Un contrôle en route peut immobiliser le camion, avec vos meubles à l'intérieur.

Une question simple lève le doute : qui conduit le camion, à quel nom est-il loué, et quelle assurance couvre vos meubles pendant le transport ? Une entreprise en règle répond sans détour.

Vérification n°2 — le numéro d'entreprise, et son absence

Le numéro SIREN, à neuf chiffres, est la clé de toutes les autres vérifications. Sans lui, rien n'est vérifiable, et c'est précisément ce qui manque le plus souvent.

Sur 320 sites de déménageurs lus dans le cadre de l'étude, 78 ne publiaient aucun numéro d'entreprise, soit près d'un sur quatre. Un professionnel doit pourtant afficher son numéro d'immatriculation sur son site. Les 79 absences détectées automatiquement ont ensuite été relues une par une, à l'œil :

Ce que la relecture a trouvéSites
Page légale existante, uniquement des numéros de téléphone42
Aucune page légale atteignable14
Site d'intermédiaire, pas d'un déménageur12
Absence confirmée après lecture individuelle10
Numéro retrouvé à la relecture1

Trois autres cas méritent l'attention, car ils ressemblent à une vérification réussie alors qu'ils n'en sont pas une. Dix sites publiaient le numéro de l'agence web qui les avait construits — deux déménageurs d'une même ville affichaient le SIREN d'une société de publicité. Vingt-neuf publiaient le numéro du réseau national auquel ils appartiennent, et non celui de l'agence locale qui viendra chez vous. Vingt-trois publiaient un numéro différent de celui auquel l'entreprise se rattache par ailleurs.

D'où une règle simple : le numéro trouvé doit correspondre à la raison sociale et à l'adresse de l'entreprise qui vous fait le devis. S'il renvoie à une société de conseil, à une agence de communication ou à une adresse dans un autre département, ce n'est pas la bonne entreprise.

Si le site ne publie rien, demandez le numéro par écrit avant le devis. Une entreprise sérieuse le donne en une phrase.

Vérification n°3 — l'entreprise est-elle en vie ?

Une fiche Google survit à l'entreprise qu'elle décrit. C'est le point le plus contre intuitif de toute cette affaire.

Dans le panel des trente villes, 18 vitrines correspondaient à une société en liquidation judiciaire (17) ou en redressement judiciaire (1) en cours. Leurs notes allaient de 3,0 à 5,0, et dix d'entre elles affichaient 4,7 ou plus. L'une affichait 5,0 sur 1 464 avis. Par ailleurs, 16 vitrines correspondaient à une société radiée du registre du commerce et 25 à un siège fermé à l'INSEE.

L'exemple le plus frappant vient d'une étude antérieure : une société radiée, au siège fermé, occupait encore le quatrième rang de sa ville avec 4,4 sur 2 261 avis.

Deux consultations gratuites répondent à la question :

  1. L'annuaire des entreprises (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) donne l'état administratif — active ou cessée —, la date de création, le code d'activité et l'adresse du siège. Un code d'activité qui n'est pas celui du déménagement sur une entreprise qui se présente comme déménageur mérite une question.
  2. Le BODACC (bodacc.fr) publie les jugements. Une recherche par SIREN affiche les annonces et leurs dates. Attention à deux pièges de lecture : une « liste des créances » n'est pas un jugement d'ouverture, et un plan de redressement homologué il y a dix ans n'est pas une procédure en cours.

Une réserve utile : l'état « active » à l'INSEE ne protège de rien. Sur les 3 912 entreprises actives du secteur, 215 étaient en procédure collective au 1er septembre 2026 (BODACC), dont 155 en liquidation judiciaire. L'INSEE ne les avait pas encore passées en cessées.

Vérification n°4 — lire les avis autrement

Les avis Google gardent une valeur, mais pas celle qu'on leur prête. Sur 353 fiches notées du panel, 95 affichaient exactement 5,0 — une sur quatre — et 56 % affichaient 4,8 ou plus. Une note élevée est devenue la norme, donc elle ne distingue plus.

Ce qui reste informatif, c'est le contenu :

  • Lisez les avis négatifs en premier, et regardez si l'entreprise y répond.
  • Cherchez les mots « casse », « retard », « supplément » dans le texte des avis. Un incident signalé par un client n'est pas un fait établi, mais trois signalements de la même nature sur le même sujet dessinent une tendance.
  • Méfiez-vous des avis très courts et sans détail, publiés en rafale sur quelques jours. Ils ne prouvent rien à eux seuls, mais ils diluent la note sans la renseigner.
  • Regardez le nombre d'avis rapporté à l'ancienneté de l'entreprise, lisible sur l'annuaire des entreprises.

Un article distinct détaille ce que l'étoile Google mesure réellement, et ce qu'elle a cessé de mesurer.

La liste de vérification, en cinq minutes

  1. Relever le numéro SIREN sur les mentions légales du site, ou le demander par écrit.
  2. Vérifier que ce numéro correspond bien à la raison sociale et à l'adresse de l'entreprise qui établit le devis.
  3. Chercher ce SIREN dans le registre des transporteurs de marchandises.
  4. Vérifier l'état de l'entreprise sur l'annuaire des entreprises, puis l'absence de procédure en cours au BODACC.
  5. Exiger un devis écrit mentionnant le volume estimé, la date, l'assurance et la valeur déclarée du mobilier.

Aucune de ces étapes ne remplace le bon sens : une visite technique avant devis, un interlocuteur qui répond, un prix qui s'explique. Mais elles écartent, gratuitement, les situations où le recours n'existera pas.

Sources

Ce que ces chiffres ne disent pas

  • Les chiffres du panel de 30 villes sont ceux de l'étude Moverz arrêtée le 11 septembre 2026 ; ceux du registre datent du 30 août 2026 et de l'image Sirene du 31 juillet 2026.
  • Un jour, un point de vue. Le relevé Google Maps date du 5 septembre 2026, depuis le centre-ville de chaque commune. L'ordre des résultats change d'un jour à l'autre ; la composition du top 12 est plus stable.
  • Le top 12 n'est pas le marché. L'INSEE compte 3 912 entreprises déclarées déménageurs en France ; l'étude en examine 296. Les proportions ne s'extrapolent pas à l'ensemble du secteur.
  • 31 vitrines du panel ne sont rattachées à aucune entreprise identifiable. Rien n'en est dit, sinon que rien n'a pu être vérifié.
  • 39 lignes n'ont pas de mesure du registre ni du BODACC. Les pourcentages sont donnés sur les lignes effectivement mesurées, et le dénominateur est indiqué à chaque fois.
  • Les absences de mentions légales ont été relues à l'œil, une par une, mais une machine ne prouve pas une absence. Ces 78 cas ne sont pas nommés ici.
  • La note Google compte pour 20 % du score Moverz cité ici. L'étude ne remplace pas Google : elle y ajoute ce que Google ne regarde pas. L'inscription au registre n'entre pas dans le score et s'applique en plus.
Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Le registre des entreprises de transport routier de marchandises est tenu par le ministère chargé des transports et publié en open data. On y cherche l'entreprise par son numéro SIREN, à neuf chiffres. Si le SIREN n'apparaît pas, l'entreprise n'est pas inscrite à ce registre : elle peut fournir de la main-d'œuvre, mais elle n'est pas autorisée à transporter vos meubles pour votre compte. Un second registre, celui des commissionnaires de transport, existe : il ne change presque rien, puisque sur les 296 entreprises du panel de l'étude, 81 étaient absentes du registre des transporteurs et 79 des deux registres.

Trois choses concrètes. L'assurance des marchandises transportées ne suit souvent pas, ce qui laisse la casse à votre charge. Le contrat n'est pas encadré par le droit du transport, ce qui réduit vos recours. Et en cas de contrôle routier, le camion peut être immobilisé avec vos meubles dedans.

Il doit figurer sur les mentions légales du site, sur le devis et sur la facture : un professionnel doit indiquer son numéro d'immatriculation. S'il est absent du site, demandez-le par écrit avant tout devis. Un refus de le communiquer est en soi une réponse.

Le BODACC, Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, publie gratuitement les jugements d'ouverture de liquidation et de redressement judiciaires. Une recherche par SIREN affiche les annonces et leur date. Une fiche Google active, bien notée et abondamment commentée ne prouve rien : ces fiches survivent à l'entreprise.

Non. Sur 353 fiches de déménageurs notées relevées dans 30 villes en septembre 2026, 95 affichaient 5,0, soit une sur quatre. Moins d'une de ces fiches sur deux passait l'ensemble des vérifications d'identité, de registre et de santé financière. Le phénomène dépasse le déménagement : sur un groupe témoin de 1 154 établissements de six autres métiers, 40 % affichaient 5,0.

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